Poêle à granulés : ce que la règle francilienne impose, et ce qui se joue ensuite
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Sommaire · 10 parties
- « Performant » : ce que le texte exige
- Ce que chauffe un poêle, et ce qu’il laisse de côté
- Le conduit, avant l’appareil
- La puissance : l’erreur courante est de voir trop grand
- Le coût, en bref
- Les aides au 27 septembre 2026 : ce qui a disparu, ce qui reste
- Granulés, entretien, ramonage
- Garanties : la décennale ne couvre pas le poêle
- Ce que le devis et la visite doivent montrer
- Déposer une demande : ce qui se passe ensuite
Le 9 janvier 2025, les préfets d’Île-de-France ont signé un nouvel arrêté pour le plan de protection de l’atmosphère (arrêté inter-préfectoral DRIEAT-IDF n° 2025-0121, publié le 29 janvier 2025). Il remplace les arrêtés de 2013, 2015 et 2018.
Son annexe classe en « zone sensible pour la qualité de l’air » 415 communes hors Paris, d’après le décompte des lignes de la liste. Dans ces communes, tout nouvel appareil individuel de combustion du bois doit être « performant ». Et partout en Île-de-France, dès que les particules fines PM10 dépassent 50 µg/Nm³ en moyenne sur la journée, il est interdit de brûler du bois pour un usage d’appoint ou d’agrément.
Le bois n’est donc pas interdit en Île-de-France, contrairement à ce qu’on entend souvent. Ce qui est interdit, en dehors de l’appoint ou de l’agrément, c’est la cheminée à foyer ouvert. Paris a un régime à part, beaucoup plus strict. Hors Paris, un poêle à granulés « performant » au sens de l’arrêté reste installable.
La règle a une raison : selon la DRIEAT, le bois ne couvre que 6 % des besoins énergétiques des logements franciliens, mais il produit 86 % de leurs émissions de PM10.
« Performant » : ce que le texte exige
L’article 3 de l’arrêté retient deux voies. Un appareil est performant s’il a un rendement d’au moins 70 % et un taux de CO d’au plus 0,12 % (à 13 % d’O2), ou s’il porte le label Flamme Verte 5 étoiles.
En pratique, la deuxième voie suffit : depuis 2020, le label Flamme Verte n’est plus attribué qu’aux appareils 7 étoiles. Pour un appareil à granulés, ses critères actuels sont :
- une efficacité énergétique saisonnière d’au moins 79 % ;
- des particules limitées à 20 mg/Nm³ ;
- du CO limité à 300 mg/Nm³ ;
- des NOx limités à 200 mg/Nm³ et des COV à 60 mg/Nm³.
Le chiffre de 87 % qui circule pour un 7 étoiles ne figure pas dans les critères du label. Il mélange probablement rendement nominal et efficacité saisonnière. Sur une fiche technique, c’est l’efficacité saisonnière qu’il faut regarder.
Ce que chauffe un poêle, et ce qu’il laisse de côté
Un poêle à granulés est un appareil indépendant. Il n’est pas relié à des radiateurs. Une vis sans fin amène les granulés du réservoir au creuset, une bougie les allume, un ventilateur extrait les fumées. La plupart des modèles ont cinq allures, de P1 (30 % de la puissance nominale) à P5 (100 %). Tout cela fonctionne à l’électricité : sans courant, pas de chauffage.
Il chauffe une zone. En général, il ne produit pas d’eau chaude sanitaire, et les pièces éloignées demandent souvent un autre chauffage. L’ADEME conseille de le placer au centre du logement plutôt que contre un mur extérieur.
Pour chauffer toute la maison et produire l’eau chaude, il faut regarder une chaudière à granulés, reliée au circuit de radiateurs, ou une pompe à chaleur air/eau.
Le statut de votre poêle compte aussi les jours de pollution. L’interdiction de l’article 18 vise l’usage d’appoint ou d’agrément, pas le chauffage principal. Si votre poêle sert de complément à un autre chauffage, prévoyez de vous en passer pendant les pics de PM10.
Le conduit, avant l’appareil
Existant, tubé, neuf ou concentrique : quatre cas de conduit
Un poêle à granulés rejette ses fumées par un conduit, qui peut prendre plusieurs formes :
- Conduit existant : il peut servir, à condition d’être diagnostiqué avant réemploi.
- Tubage : on glisse un conduit métallique dans l’ancien conduit maçonné.
- Conduit neuf : conduit isolé, à l’intérieur ou en façade.
- Conduit concentrique : pour un appareil étanche, un conduit à deux parois évacue les fumées et amène l’air de combustion.
Note de calcul, tirage, débouché : un conduit se dimensionne
Pour un conduit de fumée classique (existant, tubé ou neuf), la norme NF DTU 24.1 (édition de septembre 2020) impose de dimensionner le conduit par le calcul, selon la norme NF EN 13384-1. Dans l’étude de l’ADEME, les installateurs remettaient « très rarement » cette note de calcul. Aucun des particuliers suivis n’a pu la produire.
Or un conduit mal dimensionné peut faire refouler les fumées, avec un risque d’intoxication au monoxyde de carbone. Il peut aussi créer de la condensation qui ronge le conduit. Un tirage trop fort n’est pas une sécurité : l’ADEME le juge « tout aussi néfaste » qu’un tirage trop faible.
En toiture, un conduit à tirage naturel doit déboucher au moins 0,40 m au-dessus de toute partie de construction située à moins de 8 m (arrêté du 22 octobre 1969, art. 18). Si le conduit doit se voir depuis la rue, renseignez-vous en mairie avant de signer, surtout en secteur protégé.
La puissance : l’erreur courante est de voir trop grand
Une étude publiée en 2022 par l’ADEME, avec l’INERIS et le CSTB, a suivi des poêles à granulés chez 20 particuliers. Aucun n’avait bénéficié d’un vrai calcul thermique pour choisir la puissance ; au mieux, un calcul sommaire avait été fait. La méthode attendue est pourtant connue : un calcul des déperditions selon la norme EN 12831.
Un poêle trop puissant tourne longtemps à petite allure. Or à 30 % de sa puissance nominale, environ un tiers des appareils testés voyaient leurs émissions de CO augmenter de 400 % en moyenne. Leur rendement perdait de 8 à plus de 20 points. Tous ces appareils étaient pourtant Flamme Verte 7 étoiles et posés par des professionnels RGE : le label ne dit rien du dimensionnement chez vous.
Le réglage compte autant. L’étude a trouvé des appareils laissés sur le préréglage d’usine, souvent P3, soit environ 65 % du nominal, sans adaptation à la maison. L’ADEME recommande le mode modulation par grand froid : une fois la consigne atteinte, le poêle continue à puissance réduite. En mi-saison, elle recommande le mode marche/arrêt. Attention au thermostat d’une autre marque que le poêle : il peut empêcher la modulation.
Le coût, en bref
Quand il faut en créer un, la création d’un conduit neuf, pose comprise mais hors appareil, se situe entre 1 500 et 3 000 € TTC selon trois sources nationales. Une fois le poêle posé, l’entretien annuel avec ramonage revient à environ 170 à 250 € TTC chez des prestataires franciliens. Le reste des postes et ce qui fait varier la facture sont sur la page prix d’un poêle à granulés.
Faire chiffrer mon poêle à granulés
Les aides au 27 septembre 2026 : ce qui a disparu, ce qui reste
MaPrimeRénov’ par geste et aide régionale : fermées au poêle seul
MaPrimeRénov’ par geste ne finance plus les poêles à granulés. Pour les demandes déposées depuis le 1er septembre 2026, les forfaits par geste sont supprimés pour le chauffage indépendant au bois (décret n° 2026-822 du 25 août 2026 ; service-public.fr, fiche F35083). Les pages qui l’annoncent encore sont périmées. L’aide de la Région au remplacement des chauffages au bois, au fioul ou au charbon est fermée depuis le 24 janvier 2025 (iledefrance.fr).
Le poêle reste finançable comme poste chauffage d’une rénovation d’ampleur, qui suppose un bouquet de travaux et un accompagnement.
Prime CEE : une efficacité saisonnière plus exigeante que le label
Pour un poêle posé seul, la première aide qui reste est la prime CEE (fiche d’opération standardisée BAR-TH-112, ecologie.gouv.fr), pour une maison existante et un professionnel RGE. L’appareil doit afficher :
- une efficacité saisonnière (Etas) d’au moins 80 % ;
- des particules à 20 mg/Nm³ au plus ;
- des COG à 60 mgC/Nm³ au plus ;
- du CO à 300 mg/Nm³ au plus et des NOx à 200 mg/Nm³ au plus.
Le seuil d’efficacité est plus exigeant que celui du label (79 %) : vérifiez l’Etas sur la fiche technique. L’État ne fixe pas le montant de la prime, qui change d’une offre à l’autre. La fiche sera abrogée le 1er octobre 2027.
Coup de pouce, TVA à taux réduit, éco-prêt : les autres leviers
Trois autres dispositifs peuvent compléter la prime CEE pour un poêle posé seul, chacun sous conditions.
Le Coup de pouce (ecologie.gouv.fr, Coup de pouce « Chauffage ») ne s’applique qu’en remplacement d’un appareil indépendant au charbon (volume de certificats ×5 pour les ménages modestes, ×4 pour les autres). Il ne s’applique pas si le poêle remplace une chaudière au fioul.
La TVA à 5,5 % s’applique à la fourniture et à la pose par l’entreprise. Il faut une maison achevée depuis plus de 2 ans et un appareil qui respecte les critères techniques fixés par l’administration fiscale (service-public.fr, fiche F23568 ; BOFiP). Un poêle que vous achetez vous-même est facturé à 20 %.
L’éco-prêt à taux zéro peut financer jusqu’à 15 000 € pour une action de ce type. Il est sans condition de ressources, pour une résidence principale construite depuis plus de 2 ans, avec une entreprise RGE (service-public.fr, fiche F19905).
Les aides des départements et des communes sont traitées sur la page aides en Île-de-France. Les conditions complètes sont sur nos pages primes CEE, TVA réduite et éco-PTZ.
Granulés, entretien, ramonage
Granulés certifiés, creuset, bougie : l’entretien courant
Le combustible. L’ADEME recommande des granulés de classe A1 (norme ISO 17225-2) porteurs d’une certification : ENplus A1, DINplus ou NF Biocombustibles solides, qualité Haute Performance. Une norme n’est pas une certification. La garantie du fabricant est souvent conditionnée à l’usage d’un combustible certifié. L’énergie apportée peut varier de ± 30 % d’un lot à l’autre : quand vous changez de lot, le réglage de la combustion est à revoir. Stockez les sacs au sec et surélevés.
Les gestes quotidiens. Le creuset se vide et se nettoie tous les jours, ou tous les deux jours selon la qualité des granulés. L’arrivée d’air extérieur se contrôle deux fois par an. La bougie d’allumage dure cinq ans au plus, moins si le poêle redémarre souvent. Usée, elle peut provoquer un court-circuit, un démarrage intempestif, voire un incendie.
Ramonage : obligatoire chaque année, souvent deux fois
Les obligations. Depuis le 1er octobre 2023 (décret n° 2023-641), un poêle à granulés doit être entretenu et son conduit ramoné au moins tous les douze mois. L’intervention est faite par un professionnel qualifié, qui vous remet une attestation sous 15 jours ouvrés. Vous devez la garder au moins deux ans.
Les règlements sanitaires départementaux peuvent exiger davantage : selon service-public.fr, la majorité des départements imposent deux ramonages par an, dont un pendant la période de chauffe. L’amende citée est de 450 €. Au-delà de 2,5 tonnes de granulés par an, l’arrêté du 20 juillet 2023 recommande aussi deux ramonages.
La bûche de ramonage ne remplace pas un ramonage mécanique. Selon l’ADEME, en cas d’expertise d’assurance, le respect du ramonage est systématiquement vérifié. L’AQC recommande enfin un détecteur de monoxyde de carbone conforme à la norme NF EN 50291.
Garanties : la décennale ne couvre pas le poêle
Le 21 mars 2024 (n° 22-18.694), la Cour de cassation a statué sur un équipement installé sur un ouvrage existant, en remplacement ou en ajout. Un tel équipement ne relève ni de la garantie décennale ni de la garantie biennale. Pour un poêle posé dans votre maison, c’est donc la responsabilité contractuelle de l’entreprise qui s’applique. Pour un conduit neuf créé en même temps, la question n’est pas tranchée.
D’où l’intérêt de garder un dossier complet :
- la note de dimensionnement de l’appareil ;
- la note de calcul du conduit ;
- la notice et le rapport de mise en service ;
- la preuve qu’une plaque signalétique a été posée sur le conduit.
Ce que le devis et la visite doivent montrer
- La puissance proposée repose-t-elle sur un calcul des déperditions, ou sur la surface de la pièce ?
- Le conduit existant a-t-il été diagnostiqué, et la note de calcul du conduit me sera-t-elle remise ?
- Par où arrive l’air de combustion ?
- Pour l’Île-de-France : l’appareil est-il « performant » au sens de l’arrêté (Flamme Verte, ou rendement et CO justifiés) ? Quelle est son efficacité saisonnière ?
- Le niveau de puissance et les modes de fonctionnement seront-ils réglés pour la maison, puis revus à l’entretien ? Le thermostat proposé permet-il la modulation ?
- Une plaque signalétique sera-t-elle posée sur le conduit ?
- Qui assurera l’entretien annuel, à quel prix, et quelles pièces d’usure sont prévues ?
Une proposition arrivée par téléphone mérite de la méfiance : pour des travaux d’économies d’énergie, le démarchage téléphonique est interdit par l’article L223-1 du code de la consommation, sauf contrat en cours.
Déposer une demande : ce qui se passe ensuite
Vous décrivez votre projet et votre maison dans le formulaire. Nous transmettons ces éléments à des professionnels du secteur, nommés sur la liste des professionnels destinataires. En envoyant votre demande, vous acceptez d’être contacté(e) par téléphone à son sujet par Eco Therme Cosmos et ses partenaires professionnels.
Eco Therme Cosmos ne vend ni ne pose de poêles. La demande est gratuite et sans engagement, et nous ne garantissons ni prix, ni délai, ni aide. Un conseiller France Rénov’ peut aussi vous renseigner gratuitement au préalable. Les étapes sont détaillées sur la page comment ça marche.
Sources
Comment nous choisissons et vérifions nos sources : notre méthode.
- Arrêté inter-préfectoral DRIEAT-IDF n° 2025-0121 du 9 janvier 2025 (PPA Île-de-France), RAA du 29 janvier 2025 (consulté le 27/09/2026)
- DRIEAT Île-de-France : l'impact du chauffage au bois sur la qualité de l'air (consulté le 27/09/2026)
- ADEME, INERIS, CSTB : Performances réelles de poêles à granulés, rapport de recommandations (2022) (consulté le 27/09/2026)
- AQC : fiche G.13, entretien et maintenance des poêles à bûches ou à granulés (consulté le 27/09/2026)
- Légifrance : décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 (entretien et ramonage) (consulté le 27/09/2026)
- Légifrance : Cour de cassation, 3e chambre civile, 21 mars 2024, n° 22-18.694 (consulté le 27/09/2026)
- Service-public.fr : MaPrimeRénov' (fiche F35083) (consulté le 27/09/2026)
- Ministère de la Transition écologique : fiches d'opérations standardisées CEE (BAR-TH-112) (consulté le 27/09/2026)