Pompe à chaleur air/eau : réussir le remplacement d'une chaudière

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Faire chiffrer : pompe à chaleur air/eau

Principe d'une pompe à chaleur air/eau.
Sommaire · 10 parties
  1. Ce que fait une PAC air/eau, et ce qu’elle ne fait pas
  2. Vos radiateurs actuels décident d’une bonne partie du résultat
  3. La puissance se calcule, elle ne se lit pas sur la surface
  4. Par grand froid, ce que disent les mesures
  5. Trois vérifications à faire sur place
  6. Combien ça coûte
  7. Les aides au 27 septembre 2026
  8. Après la pose : entretien et garanties
  9. Avant de signer : les questions à poser
  10. Comment se passe une demande ici

L’ADEME a publié en 2025 une campagne de mesure sur des pompes à chaleur installées chez des particuliers. Pour 89 PAC air/eau, elle a comparé la puissance aux déperditions de la maison. Seules 18 % avaient une puissance dans la fourchette recommandée par le DTU. 44 % étaient en dessous et 38 % au-dessus. Un tiers des installations suivies avaient des performances améliorables, à cause de défauts d’installation ou de réglage.

L’appareil est donc rarement le premier problème. Ce qui fait la différence, ce sont des vérifications faites avant le devis, ou pas faites du tout. Cette page les passe en revue et donne l’état des aides au 27 septembre 2026.

Chaudière en panne ? Le remplacement presse, mais trois points restent à vérifier.

  • La puissance. L’AQC relève des PAC posées à la place d’une chaudière en panne avec la même puissance, puis trop puissantes une fois la maison isolée. Faites calculer les déperditions, même dans l’urgence.
  • Le chantier. Il dure en général de deux à cinq jours selon les sources consultées, sans compter la visite préalable.
  • L’aide. Pour MaPrimeRénov’, le devis se signe une fois l’aide attribuée, et les travaux ne commencent pas avant l’accusé de réception de l’Anah. Un remplacement en urgence peut donc vous faire perdre l’aide.

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Ce que fait une PAC air/eau, et ce qu’elle ne fait pas

Chauffage, eau chaude : monobloc ou bi-bloc

Une PAC air/eau capte la chaleur de l’air extérieur. Grâce à un fluide frigorigène, elle la transfère à l’eau de votre circuit de chauffage : radiateurs, plancher chauffant ou ventilo-convecteurs. Avec un ballon, elle peut aussi produire l’eau chaude sanitaire ; on parle alors de « double service ».

Elle existe en deux architectures :

  • Le monobloc est entièrement à l’extérieur. Un plombier-chauffagiste le raccorde au circuit d’eau.
  • Le bi-bloc (ou « split ») relie une unité intérieure et une unité extérieure par des liaisons frigorifiques. Il demande en plus l’intervention d’un frigoriste.

Sur le terrain, l’écart entre les deux est faible. Les monoblocs mesurés par l’ADEME affichent un rendement saisonnier (SCOP) moyen de 3,1, les bi-blocs de 2,8.

Convecteurs, eau chaude seule, fraîcheur d’été : trois cas à part

Une PAC air/eau ne convient pas à toutes les situations :

  • Pas de radiateurs à eau (maison chauffée par des convecteurs électriques) : l’ADEME oriente plutôt vers une pompe à chaleur air/air. Elle souffle de l’air chaud, mais ne produit pas d’eau chaude.
  • Seule l’eau chaude est en cause : un chauffe-eau thermodynamique suffit.
  • Rafraîchir l’été : réversible et raccordée à des radiateurs, une PAC air/eau baisse la température de 3 à 4 °C. Elle crée un risque de condensation sur les émetteurs. Ce n’est pas une climatisation.

Vos radiateurs actuels décident d’une bonne partie du résultat

Les radiateurs d’une ancienne chaudière gaz ou fioul ont souvent été dimensionnés pour une eau à 65/60 °C. La plupart des PAC sont conçues pour travailler plus bas : autour de 45/40 °C sur radiateurs, 30/25 °C sur plancher chauffant. Un radiateur peut être trop petit pour chauffer sa pièce avec une eau à 45 °C. La pièce reste alors fraîche par grand froid, ou l’appoint électrique prend le relais.

Personne ne peut trancher cette question sur photo. La vérification se fait pièce par pièce. D’un côté, la chaleur que perd la pièce ; de l’autre, ce que le radiateur fournit à la température d’eau prévue. Quand le compte n’y est pas, l’Agence qualité construction (AQC) cite trois corrections :

  • remplacer les radiateurs concernés ;
  • ajouter un appoint de puissance adaptée ;
  • isoler pour réduire les besoins. L’isolation des combles en fait partie.

Changer tous les radiateurs n’a rien d’obligatoire. Le plancher chauffant donne en moyenne un SCOP supérieur de 30 %. Pourtant, les trois installations les plus performantes de la campagne de l’ADEME fonctionnaient sur radiateurs, avec un SCOP de 4,1 à 4,5.

La puissance se calcule, elle ne se lit pas sur la surface

La règle « 1 kW pour 10 m² » circule encore. L’AQC rapporte le cas d’une même maison qui a reçu trois devis :

  • deux à 9 kW, établis d’après la surface et l’année de construction ;
  • un à 6 kW, fondé sur une étude thermique complète.

La méthode attendue est un calcul des déperditions selon la norme NF EN 12831, de préférence pièce par pièce. Ce calcul sert à choisir à la fois la PAC, les radiateurs et les équipements hydrauliques. Reste à savoir quelle part de ces déperditions la PAC doit couvrir seule. Les références ne donnent pas la même fourchette :

Référence Part des déperditions couverte par la PAC seule
NF DTU 65.16 80 à 100 %
Afpac 60 à 80 %

Les deux erreurs coûtent cher :

  • Trop faible, la PAC n’atteint pas la température demandée, s’use prématurément et fait tourner l’appoint électrique.
  • Trop puissante, elle enchaîne des cycles courts : elle s’use aussi, consomme davantage et perd en rendement.

Si vous prévoyez d’isoler dans les années qui viennent, la puissance doit en tenir compte dès maintenant. C’est l’un des enseignements de l’AQC sur les PAC posées dans l’urgence, à la place d’une chaudière en panne.

Par grand froid, ce que disent les mesures

Le 20 janvier 2024, pendant une vague de froid, la température moyenne était de −4 °C sur l’échantillon suivi par l’ADEME. Le coefficient de performance (COP) moyen mesuré ce jour-là était de 2. La PAC produisait donc 2 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité.

Sur l’ensemble de la saison, le SCOP moyen des PAC air/eau mesurées est de 2,9, avec des écarts de 0,9 à 4,5 selon les maisons. L’ADEME relie une partie de ces écarts à des défauts relevés sur place :

  • pas de loi d’eau ;
  • sonde extérieure débranchée ;
  • départ et retour de chauffage inversés ;
  • thermostat non relié à la PAC ;
  • cycles de quelques secondes.

La résistance d’appoint est souvent accusée de faire exploser la facture. Sur l’échantillon, elle a représenté 2,7 % de l’électricité consommée pour le chauffage, vague de froid comprise. Les installations mal réglées font exception.

Le réglage à contrôler à la fin du chantier s’appelle la loi d’eau. La température de l’eau envoyée aux radiateurs doit varier avec la température extérieure. Demandez à la voir.

Trois vérifications à faire sur place

Le courant de démarrage fixe une limite au raccordement

Au démarrage, une PAC appelle un courant important, que votre installation électrique doit pouvoir supporter. Au-delà de 45 A en monophasé ou de 60 A en triphasé, elle ne peut pas être raccordée au réseau public. Entre 30 et 45 A en monophasé (ou entre 50 et 60 A en triphasé), un échange avec le gestionnaire de réseau est prévu.

Le professionnel doit donc vérifier votre abonnement et votre installation avant de choisir le modèle. Un changement d’abonnement ou de compteur peut s’ajouter au budget.

Où poser l’unité extérieure, et avec quelle autorisation

L’emplacement de l’unité extérieure se choisit d’abord en fonction du bruit. Les unités extérieures mesurées par l’ADEME ont une puissance acoustique de 61,4 dB(A) en moyenne, de 48 à 75 dB(A) selon les modèles. Le bruit figure parmi les motifs d’insatisfaction les plus cités. L’emplacement se discute donc :

  • la distance aux fenêtres de chambre, les vôtres comme celles des voisins ;
  • l’évacuation des condensats : mal raccordée, elle laisse des flaques qui gèlent l’hiver ;
  • l’accès pour l’entretien : une unité perchée en hauteur, une plaque signalétique illisible contre le mur ou un local technique trop exigu rendent l’entretien difficile.

Restent les formalités. L’unité extérieure peut modifier l’aspect de la maison et se voir depuis la rue ou depuis chez un voisin. Dans ce cas, une déclaration préalable de travaux est nécessaire. Dans un secteur protégé, il suffit de créer une dalle pour qu’elle le devienne. Le plan local d’urbanisme (PLU) de la commune s’applique en plus.

Combien ça coûte

L’ADEME a suivi 90 PAC air/eau posées à la place d’une chaudière. L’opération complète a coûté 15 287 € TTC en moyenne, avec des écarts de 10 000 à 25 914 €. Le coût moyen était de 13 064 € sans production d’eau chaude et de 16 531 € avec.

Les grilles publiées par des installateurs, un fabricant et la presse consommateurs se situent le plus souvent entre 9 000 et 19 000 € TTC pose comprise, avant aides. Ce sont des chiffres nationaux : aucune source consultée ne publie de prix propre à l’Île-de-France.

Ce qui fait varier le prix, ce qu’un devis doit contenir et le reste à charge une fois les aides déduites sont détaillés sur la page prix d’une pompe à chaleur air/eau.

Faire chiffrer ma pompe à chaleur air/eau

Les aides au 27 septembre 2026

MaPrimeRénov’ par geste aide encore la PAC air/eau

La PAC air/eau fait partie des rares travaux encore aidés par MaPrimeRénov’ en dehors d’une rénovation d’ampleur. Depuis le 1er septembre 2026, le forfait par geste ne finance plus l’isolation, le chauffage au bois, les chauffe-eau thermodynamiques, la ventilation ni le solaire thermique.

Revenus du foyer (catégorie de l’Anah) MaPrimeRénov’ par geste pour une PAC air/eau
Très modestes (Bleu) 5 000 €
Modestes (Jaune) 4 000 €
Intermédiaires (Violet) 3 000 €
Supérieurs (Rose) aucun forfait

Ces forfaits s’appliquent dans la limite de 12 000 € de dépense. Source : service-public.fr, fiche F35083, consultée le 27 septembre 2026.

Les conditions principales :

  • la maison est construite depuis au moins 2 ans ;
  • le professionnel est RGE et il a fait une visite préalable, dont la date figure sur le devis ;
  • la demande est déposée avant les travaux. Le devis se signe une fois l’attribution confirmée. Les travaux ne peuvent pas commencer avant l’accusé de réception de l’Anah.

Prime CEE et TVA réduite, cumulables avec le forfait

La prime CEE et la TVA réduite peuvent s’ajouter au forfait :

  • La prime CEE (fiche BAR-TH-171) est versée par un fournisseur d’énergie ou l’un de ses partenaires. Son montant n’est pas fixé par l’État et change d’une offre à l’autre. Le volume de certificats est multiplié par cinq (« Coup de pouce Chauffage ») quand la PAC remplace une chaudière au charbon, au fioul ou au gaz, dans une résidence principale. Depuis le 1er septembre 2026, cette bonification n’est accordée que si le modèle figure sur la liste des PAC agréées par l’État.
  • La TVA à 5,5 % s’applique à la PAC. Une chaudière d’appoint au gaz ou au fioul, comme dans une PAC hybride, est facturée à 20 % depuis le 1er mars 2025.

Éco-PTZ, bouquet de travaux et conseil gratuit

L’éco-prêt à taux zéro finance au plus 15 000 € pour une seule action de travaux (25 000 € pour deux, 30 000 € pour trois ou plus). Il est accordé sans condition de ressources. Il faut une résidence principale construite depuis plus de 2 ans et un professionnel RGE (service-public.fr, fiche F19905).

Dans une rénovation d’ampleur, la PAC air/eau peut constituer le poste chauffage du bouquet de travaux. Les PAC hybrides à appoint fossile n’y sont plus financées depuis le 1er septembre 2026.

Les conditions complètes sont sur nos pages MaPrimeRénov’, primes CEE et éco-PTZ. Un conseiller France Rénov’ peut aussi étudier votre cas gratuitement avant tout engagement.

Après la pose : entretien et garanties

L’entretien d’une PAC de 4 à 70 kW est obligatoire une année civile sur deux, par un professionnel qualifié et à votre initiative. Le premier doit avoir lieu au plus tard deux ans après l’installation. Chaque entretien donne lieu à une attestation à conserver. Aucune amende n’est prévue si vous ne le faites pas. En revanche, un assureur peut refuser d’indemniser un sinistre si l’entretien n’a pas été fait.

Côté garanties, les règles ont changé avec un arrêt de la Cour de cassation du 21 mars 2024. Depuis, un équipement ajouté à une maison existante ne relève en principe ni de la garantie décennale ni de la garantie biennale, sauf s’il constitue lui-même un ouvrage. En cas de problème, c’est alors la responsabilité contractuelle de l’entreprise qui s’applique.

Lisez donc de près les garanties commerciales proposées sur les pièces et la main-d’œuvre : ce qu’elles couvrent et pour combien de temps.

Avant de signer : les questions à poser

Visite et calcul : les questions qui départagent les devis

Ces questions montrent si le devis repose sur une visite et un calcul, ou sur une estimation.

  • Êtes-vous venu voir la maison, les radiateurs et le local technique avant de chiffrer ?
  • Sur quel calcul repose la puissance proposée : une étude des déperditions, ou la surface ?
  • Quelle température d’eau faudra-t-il par grand froid avec mes radiateurs actuels, et la PAC la fournit-elle sans appoint ? À partir de quelle température extérieure l’appoint prend-il le relais ?
  • Le volume d’eau du circuit est-il conforme à la notice du fabricant ? Faut-il un ballon tampon ?

Électricité, unité extérieure, fluide : ce que le devis doit dire

L’installation elle-même se vérifie aussi, point par point, avant de signer.

  • Mon abonnement et mon installation électriques suffisent-ils ? Sinon, combien coûte le changement ?
  • Où sera l’unité extérieure, et par où partiront les condensats ?
  • Pour un bi-bloc : l’entreprise détient-elle l’attestation de capacité pour manipuler les fluides frigorigènes ? Me remettrez-vous la fiche d’intervention ?
  • Le devis indique-t-il la marque, le modèle, la puissance, le fluide, la dépose de l’ancienne chaudière, les équipements hydrauliques et la mise en service ?
  • La loi d’eau sera-t-elle réglée et me sera-t-elle montrée à la réception ?

Offre par téléphone, aide « acquise » : les signaux d’alerte

Méfiez-vous d’une offre arrivée par téléphone, d’une baisse de facture promise, d’aides présentées comme acquises ou d’une pression pour signer avant l’accord de l’aide. Le démarchage téléphonique pour ce type de travaux est d’ailleurs interdit par la loi, sauf contrat en cours. En 2023, la DGCCRF a contrôlé environ 800 opérateurs de la rénovation énergétique : plus de la moitié présentaient des anomalies.

Comment se passe une demande ici

Eco Therme Cosmos n’installe pas de pompes à chaleur. Nous transmettons votre demande à des professionnels du secteur, dont la liste est publique. En envoyant votre demande, vous acceptez d’être contacté(e) par téléphone à son sujet par Eco Therme Cosmos et ses partenaires professionnels.

Le service est gratuit et sans engagement : vous restez libre de comparer les devis, de n’en retenir aucun et de consulter d’abord un conseiller France Rénov’. Nous ne garantissons ni un prix, ni un délai, ni l’obtention d’une aide. Le déroulé complet est expliqué sur la page comment ça marche.

Sources

Comment nous choisissons et vérifions nos sources : notre méthode.

Faire chiffrer ma pompe à chaleur air/eau (2 min, gratuit)

Gratuit et sans engagement. Votre demande est transmise aux destinataires listés, qui la communiquent à des professionnels du secteur.

Pompe à chaleur air/eauDevis gratuit, 2 min
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